Perfectionnisme : une qualité… qui peut devenir un frein

Vous aimez que les choses soient bien faites.

Vous vérifiez plusieurs fois votre travail. Vous préparez soigneusement vos rendez-vous. Vous avez du mal à laisser passer une erreur, même lorsqu’elle est minime.

Au travail comme dans votre vie personnelle, vous avez peut-être tendance à vous fixer des objectifs élevés et à vouloir donner le meilleur de vous-même.

Cette exigence peut être une véritable force.

Elle favorise l’investissement, la rigueur et la qualité du travail réalisé.

Mais parfois, cette recherche permanente du « mieux » finit par prendre beaucoup de place.

Vous passez un temps considérable sur des détails. Vous avez du mal à considérer une tâche comme terminée. Vous repoussez certaines décisions parce que vous voulez être certain de faire le bon choix. Une remarque sur votre travail peut vous faire douter longtemps.

Lorsque l’exigence devient trop importante, le perfectionnisme peut alors cesser d’être un moteur et devenir un véritable frein.

Le perfectionnisme n’est pas simplement le fait d’aimer le travail bien fait.

Être exigeant ne signifie pas nécessairement être perfectionniste. Une personne exigeante peut chercher à progresser, accepter une erreur et reconnaître qu’un résultat peut être satisfaisant sans être parfait. Le perfectionnisme fonctionne parfois différemment.

La personne peut avoir le sentiment qu’elle doit atteindre un niveau très élevé pour se sentir satisfaite, légitime ou à la hauteur.

La différence ne se situe donc pas uniquement dans les objectifs que nous nous fixons, mais aussi dans la manière dont nous vivons l’écart entre ce que nous espérions et ce que nous avons réellement réalisé.

Une erreur peut devenir beaucoup plus qu’une simple erreur. Elle peut être vécue comme la preuve que l’on n’est pas suffisamment compétent. Un projet qui n’atteint pas exactement le résultat imaginé peut donner l’impression d’avoir échoué.

Et même une réussite peut être rapidement relativisée :

« J’aurais pu faire mieux. »

« J’ai oublié ce détail. »

« Ce n’était pas aussi bien que je le voulais. »

Le résultat est là, mais le cerveau se concentre déjà sur ce qui pourrait être amélioré.

Pourquoi voulons-nous parfois être parfaits ?

Le perfectionnisme ne possède pas une origine unique. Il peut se construire progressivement à travers l’éducation, les expériences vécues, les attentes de l’entourage ou certaines périodes de la vie.

Un enfant qui reçoit régulièrement des félicitations lorsqu’il obtient d’excellents résultats peut progressivement associer sa valeur à sa réussite.

À l’inverse, un enfant souvent critiqué pour ses erreurs peut apprendre qu’il vaut mieux éviter de se tromper.

Avec le temps, certaines personnes développent alors une exigence très importante envers elles-mêmes. Elles ne cherchent plus seulement à réussir. Elles cherchent à éviter l’erreur, la déception ou le jugement.

C’est ainsi que le perfectionnisme peut devenir une forme de protection.

Quand la peur de l’erreur prend trop de place.

Faire une erreur est normalement une expérience parmi d’autres. Nous essayons, nous nous trompons, nous ajustons et nous apprenons. Pour une personne très perfectionniste, le processus peut être beaucoup plus inconfortable.

Une erreur peut provoquer une forte déception ou une remise en question personnelle.

Elle peut également entraîner une anticipation importante :

« Et si je me trompe ? »

« Et si les autres voient que je ne maîtrise pas ? »

« Et si mon travail n’est pas suffisamment bon ? »

Ces pensées peuvent alors conduire à multiplier les vérifications, à demander régulièrement l’avis des autres ou à éviter certaines situations dans lesquelles le risque d’échec semble trop important.

Le problème n’est plus seulement la recherche de qualité. C’est la difficulté à accepter qu’une part d’incertitude existe toujours.

Le perfectionnisme peut paradoxalement favoriser la procrastination.

On pourrait penser qu’une personne perfectionniste est toujours particulièrement efficace. Pourtant, c’est parfois l’inverse qui se produit. Lorsqu’une tâche est associée à une exigence très élevée, le simple fait de commencer peut devenir difficile.

Il faudrait trouver la bonne idée, produire immédiatement un travail de qualité, ne rien oublier et éviter toute erreur. La tâche paraît alors beaucoup plus lourde qu’elle ne l’est réellement. Une personne peut donc passer du temps à préparer son travail, rechercher encore des informations ou attendre les meilleures conditions avant de commencer.

Ce fonctionnement rejoint parfois la procrastination, mais la difficulté n’est pas nécessairement un manque de motivation. Elle peut venir de la pression que la personne s’impose elle-même. Commencer signifie alors accepter de ne pas savoir immédiatement si le résultat sera à la hauteur.

Quand tout devient une question de réussite ou d’échec.

Le perfectionnisme peut également conduire à une vision très exigeante de la réussite.

Il n’y aurait que deux possibilités : réussir parfaitement ou ne pas avoir suffisamment réussi. Cette manière de penser laisse peu de place aux nuances. Pourtant, la réalité est rarement aussi simple.

Un projet peut être réussi malgré quelques imperfections. Une présentation peut être intéressante même si une phrase a été mal formulée. Une décision peut être pertinente même si elle n’a pas produit exactement le résultat attendu.

Apprendre à reconnaître ces nuances permet progressivement de sortir d’une logique dans laquelle chaque erreur semble remettre en cause l’ensemble du travail accompli.

Quelques exemples du quotidien.

Julie prépare une présentation professionnelle.

Elle connaît parfaitement son sujet, mais elle passe des heures à modifier ses diapositives. Chaque détail lui paraît important. Elle finit par travailler très tard, alors que la présentation aurait déjà été largement satisfaisante plusieurs heures auparavant.

Son problème n’est pas son manque de compétences.

C’est la difficulté à déterminer à quel moment son travail est suffisamment abouti.

Thomas souhaite créer son activité.

Il a une idée précise de ce qu’il aimerait proposer. Pourtant, il repousse régulièrement son lancement. Il estime qu’il doit encore améliorer son projet, refaire son site, approfondir ses connaissances et préparer toutes les éventualités.

Plus il prépare, plus il découvre de nouvelles choses à perfectionner.

Le projet avance difficilement.

Émilie obtient une très bonne note à un examen.

Ses proches la félicitent, mais elle pense immédiatement à la question qu’elle a mal comprise.

Au lieu de ressentir de la satisfaction, elle retient surtout ce qui n’a pas fonctionné.

Ce fonctionnement peut progressivement donner l’impression de ne jamais être réellement satisfait de soi, même lorsque les résultats sont objectivement bons.

Le perfectionnisme peut aussi toucher la vie personnelle.

Le perfectionnisme ne concerne pas uniquement les études ou le travail.

Il peut également s’exprimer dans les relations, l’organisation du quotidien ou l’image que nous avons de nous-mêmes.

Certaines personnes veulent être un parent irréprochable. D’autres cherchent à toujours répondre aux attentes de leur entourage. Certaines ont besoin que leur maison soit parfaitement organisée avant de pouvoir se détendre.

D’autres encore se fixent des objectifs très élevés concernant leur apparence, leur alimentation, leur activité physique ou leur manière de gérer leur vie.

À force de vouloir tout maîtriser, il devient parfois difficile de simplement profiter du moment présent.

Le quotidien peut alors se transformer en succession de choses à améliorer.

Comment l’hypnose ericksonienne peut-elle accompagner le perfectionnisme ?

Lorsque le perfectionnisme devient source de souffrance ou empêche d’avancer comme on le souhaiterait, il peut être utile de se faire accompagner.

L’hypnose ericksonienne s’intéresse notamment à la manière dont certaines habitudes de pensée et réactions se sont installées. L’objectif n’est pas de supprimer l’exigence ou de transformer une personne consciencieuse en quelqu’un qui ne se soucie plus du résultat. Il peut plutôt s’agir d’explorer une relation différente à l’erreur, à la réussite, au regard des autres ou à l’incertitude.

Dans un état de conscience modifié, certaines personnes peuvent trouver davantage de recul par rapport à leurs réactions habituelles et mobiliser des ressources qui leur permettent d’envisager les situations avec plus de souplesse.

L’accompagnement reste personnalisé, car le perfectionnisme ne se manifeste pas de la même façon chez tout le monde.

Pour certains, il se traduit principalement par une peur de l’échec. Pour d’autres, par un besoin de contrôle, une difficulté à déléguer, une insatisfaction permanente ou une tendance à remettre certaines actions au lendemain.

Il est donc important de comprendre ce qui se joue pour chaque personne plutôt que de chercher une réponse unique.

Si vous avez le sentiment que votre exigence vous empêche parfois d’avancer, de vous satisfaire de vos réussites ou de vivre plus sereinement certaines situations, un accompagnement personnalisé peut vous aider à retrouver un fonctionnement plus souple et plus adapté à vos objectifs.

Prendre rendez-vous : 05 49 20 09 35

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